Interpellé en interne après la publication de nouveaux documents fédéraux, Bill Gates s’explique sans détour sur ses relations avec Jeffrey Epstein, entre gestion de crise, enjeux d’image et pression sur la Fondation Gates.
Par @sahbymehalla
AP Photo/Markus Schreiber.
Bill Gates a abordé de front ses liens passés avec Jeffrey Epstein lors d’une réunion publique interne de la Fondation Gates, affirmant avoir « pris la responsabilité de ses actes », selon une déclaration officielle de l’organisation. Cette intervention intervient alors que la publication massive de documents par le département de la Justice américain a ravivé l’attention autour des relations entre le cofondateur de Microsoft et le financier condamné pour crimes sexuels.
D’après un porte-parole de la fondation, « Bill s’est exprimé avec franchise et a répondu en détail à plusieurs questions », dans un exercice de transparence destiné aux équipes de l’ONG. Les archives fédérales mentionnent à plusieurs reprises Gates, notamment à travers des échanges d’e-mails portant sur des projets philanthropiques, des entrées d’agenda attestant de rencontres et des photographies prises lors d’événements communs. Aucune accusation d’acte répréhensible n’a toutefois été retenue contre lui dans ce dossier, et l’homme d’affaires continue de nier toute connaissance des crimes d’Epstein.
Depuis plusieurs années, Bill Gates explique avoir accepté ces rendez-vous dans l’espoir de mobiliser des financements pour des causes comme la santé mondiale. « Chaque minute passée avec lui est un regret », déclarait-il début février à la chaîne australienne 9News, présentant des excuses publiques pour ces contacts. La remise en lumière de ces éléments a néanmoins un coût en termes d’image, la semaine dernière, il a renoncé à prononcer le discours d’ouverture d’un sommet consacré à l’intelligence artificielle à New Delhi afin de « laisser la priorité aux enjeux de l’événement ».
La controverse dépasse la sphère professionnelle et a également marqué sa vie personnelle. Melinda French Gates, qui a quitté la fondation en 2024 pour se consacrer à ses propres activités philanthropiques, a estimé que son ex-mari devait « répondre de ces faits », rappelant que cette relation avait pesé sur leur mariage.
Ce nouvel épisode survient dans un contexte stratégique pour la Fondation Gates, engagée dans un recentrage de ses priorités budgétaires et opérationnelles face aux tensions sur l’aide internationale. Il illustre surtout la persistance du risque réputationnel lié au dossier Epstein pour les élites politiques, économiques et philanthropiques, même en l’absence de poursuites judiciaires, un enjeu majeur à l’ère de l’hyper-transparence documentaire et de la mémoire numérique permanente.
ÉCRIT PAR : SAHBY MEHALLA
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