Après un échange tendu avec Mark Rutte, Donald Trump relance ses critiques contre l’OTAN et ravive le spectre d’un retrait américain. Une fracture stratégique qui inquiète l’alliance.
Le président américain Donald Trump tient une réunion bilatérale avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte. Photo par Chip Somodevilla / Getty Images
FOCUS MONDE — ÉTATS-UNIS — Le président américain Donald Trump a vivement critiqué l’OTAN à l’issue d’une réunion à huis clos avec son secrétaire général Mark Rutte. Cette rencontre, organisée dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, ravive les spéculations sur un possible retrait des États-Unis de l’alliance.
Selon plusieurs responsables, la colère de Donald Trump s’explique par le refus des alliés de soutenir pleinement son offensive contre l’Iran. Une position qui a alimenté des inquiétudes quant à un désengagement américain d’une organisation militaire vieille de près de 80 ans.
Sur son réseau Truth Social, le président américain a déclaré : « L’OTAN n’était pas là quand nous en avions besoin, et elle ne le sera pas non plus à l’avenir », exprimant une frustration persistante malgré la réunion.
Dans un message distinct, Donald Trump a également relancé la controverse autour du Groenland, évoquant de nouveau son ambition passée de prendre le contrôle de ce territoire arctique appartenant au Danemark, membre de l’OTAN.
La réunion entre les deux dirigeants s’est tenue dans la plus grande discrétion à la Maison-Blanche. À l’issue de l’entretien, Mark Rutte a évoqué, lors d’une interview accordée à CNN, une discussion « franche et ouverte », sans toutefois confirmer si Donald Trump envisageait concrètement de quitter l’alliance.
En amont, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, avait indiqué qu’un retrait était « une option évoquée » par le président.
D’après le The Wall Street Journal, l’administration américaine étudierait également des mesures de rétorsion contre certains membres de l’OTAN jugés peu coopératifs, notamment en redéployant des troupes américaines hors de leurs territoires.
Cette séquence intervient au lendemain d’un accord fragile de cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l’Iran. Donald Trump reproche notamment à l’OTAN son refus de participer aux efforts visant à sécuriser le détroit stratégique d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial.
Le président américain a qualifié l’alliance de « tigre de papier », dénonçant également les restrictions imposées aux forces américaines sur certaines bases européennes.
Dans ses critiques, il n’a pas hésité à cibler personnellement plusieurs dirigeants, attaquant notamment le Premier ministre britannique Keir Starmer, qu’il juge inférieur à Winston Churchill, et ridiculisant les capacités militaires du Royaume-Uni.
Malgré ces tensions, un retrait complet des États-Unis de l’OTAN reste peu probable à court terme, une telle décision nécessitant l’approbation du Congrès.
Parallèlement, Mark Rutte poursuit une stratégie d’équilibre délicate, cherchant à maintenir le dialogue avec Washington tout en préservant l’unité de l’alliance. Il a notamment salué les efforts américains visant à affaiblir les capacités militaires iraniennes.
Le chef de l’OTAN doit également rencontrer le secrétaire d’État Marco Rubio ainsi que le chef du Pentagone Pete Hegseth lors de sa visite à Washington.
Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, l’OTAN fait face à une succession de crises, entre tensions sur le Groenland, repositionnement stratégique vis-à-vis de l’Ukraine et exigences accrues en matière de dépenses militaires.
Dans ce contexte, des puissances comme la Russie et la Chine observent avec intérêt les divisions internes de l’alliance occidentale.
Mark Rutte, souvent présenté comme un interlocuteur clé capable d’influencer Donald Trump, tente de préserver la cohésion du bloc. Lors d’un sommet précédent, il avait même qualifié le président américain de « leader dominant », illustrant une stratégie assumée de diplomatie pragmatique.
ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA
Tags : Donald Trump • OTAN • Mark Rutte • États-Unis • Alliance militaire • Géopolitique • Défense • Crise internationale • Relations transatlantiques • Iran • Moyen-Orient • Détroit d’Ormuz • Maison-Blanche • Sécurité mondiale • Politique internationale
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