Téhéran impose un paiement en crypto aux navires dans Ormuz. Une décision stratégique qui secoue le marché pétrolier mondial et redéfinit les rapports de force.
Photo par Raju Shinde / Hindustan Times via Getty Images
MENA SCOPE — DÉTROIT D'ORMUZ — L’Iran prévoit d’exiger des navires traversant le détroit d’Ormuz le paiement d’un dollar par baril de pétrole transporté, sous forme de cryptomonnaie, dans le cadre du cessez-le-feu de deux semaines conclu avec les États-Unis, a indiqué une source clé au Financial Times.
Hamid Hosseini, porte-parole de l’Union des exportateurs de pétrole, de gaz et de produits pétrochimiques — une organisation travaillant en lien avec le gouvernement iranien — a confirmé cette mesure mercredi auprès du quotidien britannique.
Selon lui, les navires devront déclarer leur cargaison par email aux autorités iraniennes. Une fois l’évaluation effectuée, les bâtiments disposeront de quelques secondes pour régler la somme en bitcoin, un mécanisme conçu pour contourner les sanctions et éviter toute traçabilité ou saisie des fonds.
« Dès réception de l’email et après vérification, les navires auront quelques secondes pour payer en bitcoin, afin d’empêcher toute interception ou confiscation liée aux sanctions », a-t-il expliqué.
Le responsable iranien a précisé que ce dispositif vise également à empêcher le transit d’armes via ce passage stratégique. « Tout peut transiter, mais la procédure prendra du temps pour chaque navire, et l’Iran n’est pas pressé », a-t-il ajouté.
Le détroit d’Ormuz, situé au large des côtes iraniennes, constitue un axe vital pour le commerce mondial de pétrole. Depuis le début du conflit, il est de facto fermé, provoquant une flambée des prix du brut et une instabilité marquée de l’économie mondiale. Avant la guerre, près de 20 % du pétrole mondial y transitait.
L’ajout d’un dollar par baril reste toutefois marginal au regard du prix global du pétrole.
Mardi soir, le président américain Donald Trump a annoncé la suspension des frappes contre l’Iran, entraînant une baisse des prix du pétrole dans la foulée.
Dans le même temps, un haut responsable iranien a indiqué que Téhéran pourrait rouvrir le détroit de manière « limitée et sous contrôle iranien » dès jeudi ou vendredi, en amont de discussions avec des responsables américains.
D’après The Wall Street Journal, l’Iran envisagerait également de limiter le trafic maritime à environ douze navires par jour, tout en appliquant ces droits de passage.
Donald Trump a évoqué la possibilité d’un partenariat avec l’Iran pour gérer ces péages. « Nous réfléchissons à une coentreprise. C’est un moyen de sécuriser la zone, et de la protéger contre de nombreux acteurs. C’est une excellente idée », a-t-il déclaré.
Durant le conflit, l’Iran autorisait déjà le passage de certains navires de manière très limitée via un système comparable à un péage. Toutefois, ces flux restreints n’ont pas suffi à compenser les perturbations majeures de l’approvisionnement mondial liées à la fermeture du détroit.
En début de semaine, alors que la pression montait entre Washington et Téhéran, Donald Trump avait également évoqué la possibilité pour les États-Unis de mettre en place leur propre système de taxation pour les navires transitant par cette route stratégique.
ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA
Tags : Iran • Détroit d’Ormuz • Pétrole • Marché pétrolier • Crypto-monnaie • Bitcoin • Transport maritime • Énergie mondiale • Donald Trump • États-Unis • Géopolitique • Moyen-Orient • Commerce international • Sanctions économiques • Prix du pétrole • Crise énergétique • Tensions Iran États-Unis • Routes maritimes stratégiques • Exportations pétrolières • Sécurité maritime
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