Frappes au Liban, tensions explosives et pétrole sous pression, la fermeture annoncée du détroit d’Ormuz pourrait bouleverser l’équilibre mondial. Décryptage d’une crise aux conséquences majeures.
Image satellite du golfe Persique — Photo par Gallo Images / Orbital Horizon / Copernicus Sentinel Data.
FOCUS MONDE — DÉTROIT D'ORMUZ — L’Iran a annoncé mercredi la fermeture du détroit d’Ormuz, en réaction à une intensification des frappes israéliennes au Liban visant le Hezbollah soutenu par Téhéran, d’après des médias d’État iraniens.
Malgré cette annonce, deux pétroliers ont réussi à traverser le passage stratégique, par lequel transite environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole, selon la plateforme de suivi maritime MarineTraffic. Le navire grec NJ Earth ainsi que le Daytona Beach, battant pavillon libérien, figurent parmi les premiers à franchir le détroit depuis l’annonce d’un cessez-le-feu temporaire entre Washington et Téhéran.
Cette fermeture intervient alors que les forces armées israéliennes ont mené une série de frappes au Liban mercredi, faisant des centaines de blessés selon le ministère libanais de la Santé.
Interrogée sur ces informations relayées par l’agence iranienne Fars, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a catégoriquement démenti. Elle a qualifié ces affirmations de « fausses », ajoutant que le président avait été informé en amont. Elle a également indiqué constater une hausse du trafic maritime dans le détroit, contredisant l’idée d’un blocage total.
De son côté, le président Donald Trump a annoncé un accord de cessez-le-feu avec l’Iran, suspendant les hostilités après avoir menacé Téhéran de frappes dévastatrices si le détroit restait fermé.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Seyed Abbas Araghchi, a réagi sur la plateforme X en affirmant que les termes de la trêve étaient « clairs et explicites ». Selon lui, les États-Unis doivent choisir entre un cessez-le-feu réel ou la poursuite de la guerre via Israël. Il a également dénoncé les « massacres au Liban », estimant que la responsabilité repose désormais sur Washington.
Dans ce contexte de fortes tensions régionales, au moins deux alliés des États-Unis dans le Golfe ont affirmé avoir été visés par des actions iraniennes. L’Arabie saoudite a notamment indiqué avoir intercepté neuf drones.
Enfin, la Maison-Blanche a précisé que le Liban ne faisait pas partie du périmètre de l’accord de cessez-le-feu conclu entre les États-Unis et l’Iran, laissant planer le risque d’une escalade régionale persistante.
ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA
Tags : détroit d’Ormuz • Iran • Israël Liban • Hezbollah • tensions géopolitiques • crise énergétique • pétrole mondial • Golfe Persique • États-Unis Iran • Donald Trump • sécurité maritime • Moyen-Orient • escalade militaire • drones iraniens • commerce international
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