Frappes massives, civils ciblés, chaos total à Beyrouth. Une escalade sans précédent secoue le Liban et fait craindre le pire.
La brutalité d’Israël. Ce qui se déroule au Liban est le plus violent depuis l’invasion de 1982 ; Beyrouth n’avait pas été ciblée avec une telle intensité en plein cœur de la capitale, même durant la guerre de 2006. Photo : Rami Atawi (IG @ramiqaddoumi)
MENA SCOPE — LIBAN — La situation au Liban bascule dans un niveau de violence rarement atteint. Une série de frappes israéliennes simultanées et d’une intensité exceptionnelle a visé Beyrouth ainsi que de vastes régions du pays, plongeant la population dans un chaos humanitaire marqué par la panique, la désorganisation des secours et une saturation critique des hôpitaux.
Selon les informations rapportées sur le terrain, une frappe particulièrement meurtrière a ciblé le cimetière de Shmistar, dans la région de Baalbek, alors qu’une cérémonie funéraire était en cours. Le bilan fait état d’au moins neuf morts et de nombreux blessés parmi les civils présents, transformant les lieux en scène de carnage. Cette attaque s’inscrit dans une série de bombardements ayant également touché des localités voisines, causant d’importantes pertes humaines, y compris parmi les secouristes.
Les images relayées montrent les équipes de la défense civile libanaise mobilisées sans relâche pour extraire les victimes des décombres, notamment après la destruction d’un immeuble dans la localité de Douris, dans la plaine de la Békaa. Les opérations de recherche restent en cours, dans des conditions extrêmement complexes.
À Beyrouth, la capitale apparaît paralysée. Les rues sont envahies par les ambulances, tandis que plusieurs quartiers, dont celui très fréquenté de Corniche al-Mazraa, ont été directement frappés. Des bâtiments résidentiels et des infrastructures ont été totalement détruits, provoquant incendies et dégâts étendus dans les zones environnantes. Les secours, appuyés par des engins lourds, poursuivent des opérations délicates pour retrouver d’éventuels survivants sous les décombres.
Face à l’afflux massif de blessés, les hôpitaux lancent des appels urgents aux dons de sang. Le système de santé est sous pression extrême, notamment à l’hôpital de l’Université américaine de Beyrouth, devenu l’un des principaux centres de prise en charge des victimes.
Dans les quartiers de Manara et Hamra, la population est gagnée par la peur et la confusion. Des frappes ont visé des zones résidentielles et commerciales sans avertissement préalable, accentuant le sentiment d’insécurité généralisée. Des témoins évoquent des explosions soudaines ayant surpris des habitants, y compris des déplacés installés dans des centres d’accueil à proximité.
Selon les premières estimations du ministère libanais de la Santé, le bilan pourrait atteindre plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés. Toutefois, les chiffres restent provisoires en raison de l’ampleur des destructions.
À l’échelle nationale, cette offensive est décrite comme l’une des plus violentes depuis des décennies. Plus d’une centaine de frappes auraient été recensées en quelques minutes, couvrant l’ensemble du territoire, du sud du pays jusqu’à la Békaa, en passant par la capitale et le Mont-Liban. Des observateurs sur place estiment qu’il s’agit de l’escalade la plus intense depuis l’invasion de 1982, dépassant même certains épisodes du conflit de 2006 en termes de densité et de portée.
Cette vague de bombardements intervient dans un contexte régional particulièrement tendu, quelques heures seulement après l’annonce d’un accord de cessez-le-feu temporaire entre les États-Unis et Iran pour une durée de deux semaines, faisant craindre un déplacement du centre de gravité militaire vers le front libanais.
Le bilan humain, encore incertain, pourrait s’alourdir dans les heures à venir, alors que les opérations de secours se poursuivent et que le pays retient son souffle face à une crise aux proportions potentiellement historiques.
ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA
Tags : Liban • Beyrouth • frappes israéliennes • escalade militaire • conflit Israël Liban • bombardements • civils • crise humanitaire • Moyen-Orient • tensions régionales
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