Une pause de deux semaines qui pourrait tout changer. Entre espoir diplomatique et tensions persistantes, les négociations s’annoncent décisives pour l’avenir du Moyen-Orient.
Des Iraniens descendent dans les rues pour célébrer l’accord de cessez-le-feu (Associated Press)
FOCUS MONDE — MOYEN-ORIENT — Dans un tournant diplomatique majeur au Moyen-Orient, la tension entre États-Unis et Iran semble marquer une pause stratégique. Le président américain Donald Trump a annoncé une trêve de deux semaines, qualifiant les propositions iraniennes de « base crédible pour une négociation », ouvrant ainsi une fenêtre inédite vers un apaisement durable.
Selon les déclarations officielles, Washington et Téhéran auraient surmonté la quasi-totalité de leurs différends immédiats. « Nous avons reçu une proposition en dix points de l’Iran, et nous pensons qu’elle constitue une base de travail viable », a affirmé Donald Trump, précisant avoir ordonné la suspension des frappes pendant cette période afin de finaliser un accord plus global.
Ce cessez-le-feu, facilité par une médiation du Pakistan, a suscité une vague de réactions positives sur la scène internationale. Islamabad a confirmé un arrêt immédiat des hostilités dans toutes les zones concernées, y compris le Liban, et a invité les délégations américaine et iranienne à des négociations directes prévues vendredi.
Sur le terrain, des scènes de célébration ont été observées à Téhéran, où des manifestants pro-gouvernementaux ont salué l’annonce du cessez-le-feu.
À l’échelle internationale, plusieurs puissances ont exprimé leur soutien. L’Indonésie a appelé au respect de la souveraineté et du droit international, tandis que l’Australie, par la voix du Premier ministre Anthony Albanese, a salué une opportunité de résolution diplomatique. Le Japon et la Malaisie ont également soutenu l’initiative, appelant à un règlement durable et à la sécurisation du détroit d’Ormuz.
En Espagne, le ton s’est voulu plus critique. Le chef du gouvernement a reconnu une « bonne nouvelle », tout en dénonçant implicitement les responsabilités dans l’escalade, estimant que ceux à l’origine des tensions ne sauraient être applaudis pour leur tentative d’apaisement.
Du côté des institutions internationales, le secrétaire général de l’Nations Unies, António Guterres, a salué l’accord et exhorté les parties à respecter leurs engagements en vertu du droit international. Son porte-parole, Stéphane Dujarric, a insisté sur la nécessité de transformer cette trêve en paix durable.
L’Union européenne, par la voix du président du Conseil António Costa et de la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, a également exprimé son soutien, soulignant l’importance de poursuivre les négociations pour consolider la désescalade.
Au Moyen-Orient, Égypte, Oman et Irak ont salué une avancée diplomatique significative, appelant à un dialogue structuré et durable entre les deux puissances afin de stabiliser la région et garantir la sécurité des voies maritimes stratégiques.
Selon un responsable de la Maison-Blanche, l’entrée en vigueur complète du cessez-le-feu serait conditionnée à la réouverture du détroit d’Ormuz par l’Iran. Le média américain indique également que la rencontre prévue au Pakistan pourrait constituer le premier face-à-face direct entre responsables américains et iraniens depuis le début du conflit.
Cependant, des zones d’ombre persistent. Des divergences entre les versions persane et anglaise du projet iranien, notamment sur la question sensible de l’enrichissement nucléaire, mentionnée dans la version persane mais absente de la version anglophone.
Malgré ces incertitudes, ce que certains qualifient déjà « d'accord des derniers souffles » pourrait marquer un basculement stratégique. Reste à savoir si cette trêve temporaire se transformera en véritable architecture de paix ou en simple pause dans un conflit aux ramifications profondes.
ÉCRIT PAR LE MANIFEST
Tags : Iran • Israël • Donald Trump • Benjamin Netanyahu • cessez-le-feu • Moyen-Orient • Liban • géopolitique • conflit Iran Israël • nucléaire iranien
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