Pétrole sous tension, navires paralysés et bras de fer Washington-Téhéran. Le détroit d’Ormuz devient l’épicentre d’une crise énergétique explosive à suivre de près.
Photo par Barry Iverson / Getty Images
MENA SCOPE — DÉTROIT D'ORMUZ — Le détroit d’Ormuz demeure largement paralysé, alors que Donald Trump exige de Téhéran la fin immédiate des frais imposés aux pétroliers, accentuant les tensions à la veille de nouvelles négociations.
Le président américain a dénoncé jeudi des informations selon lesquelles l’Iran ferait payer un droit de passage aux navires traversant ce corridor stratégique, crucial pour l’économie mondiale. Sur Truth Social, il a averti que ces pratiques devaient cesser « immédiatement » si elles étaient avérées, évoquant une violation des engagements en cours entre les deux puissances.
Cette déclaration intervient après des révélations du Financial Times indiquant que Téhéran envisagerait d’imposer une taxe équivalente à un dollar par baril transporté, payable en cryptomonnaie. Une mesure qui, si elle se confirmait, marquerait une rupture majeure avec les principes internationaux de libre navigation.
Sur le terrain, la situation reste critique. Malgré des déclarations officielles américaines affirmant que le détroit est « ouvert », de nombreux navires refusent de s’y engager, dissuadés par les menaces iraniennes. « L’Iran a intimidé tout le monde », a reconnu un responsable américain.
Le blocage a déjà des conséquences massives. D’après le New York Times, des centaines de pétroliers attendent toujours de pouvoir franchir le passage, tandis qu’environ 20 000 marins sont bloqués dans le golfe Persique, selon l’Organisation maritime internationale. Ce goulot d’étranglement concerne près d’un quart des flux mondiaux de pétrole transportés par voie maritime.
Du côté iranien, le ton reste ferme. Mojtaba Khamenei, guide suprême, a affirmé dans un message public que son pays entendait désormais « contrôler » le détroit et faire évoluer sa gestion dans le cadre des négociations avec Washington. Il a également revendiqué la « victoire » de l’Iran dans le conflit récent, tout en assurant que Téhéran ne renoncerait pas à ses « droits légitimes ».
Dans ce contexte, les marchés pétroliers repartent à la hausse, le baril flirtant à nouveau avec les 100 dollars, bien au-dessus des niveaux d’avant-crise. La fermeture prolongée du détroit, combinée aux tensions régionales, alimente les craintes d’un choc énergétique durable.
À court terme, l’évolution de la situation dépendra notamment de l’impact des frappes israéliennes au Liban et de leur capacité à influencer la position iranienne. Une chose est claire, le détroit d’Ormuz s’impose plus que jamais comme le point névralgique de l’équilibre énergétique mondial.
ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA
Tags : Détroit d’Ormuz • Iran • États-Unis • Pétrole • Géopolitique
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