Trump sous pression, un député exige un test cognitif en pleine crise iranienne

Publié le 10 avril 2026 à 21:55

Un député démocrate réclame une évaluation mentale du président en pleine crise iranienne. Tensions politiques, sécurité nationale et débat explosif à Washington.

Trump sous pression, un député exige un test cognitif en pleine crise iranienne

Jamie Raskin. Photo par Kent Nishimura/Getty Images

 

FOCUS MONDE — ÉTATS-UNIS — Un député démocrate met frontalement en cause la capacité mentale de Donald Trump, dans un contexte de tensions internationales croissantes. À Washington, la pression politique monte d’un cran.

Le représentant Jamie Raskin a officiellement demandé, vendredi, au médecin de la Maison-Blanche de procéder à une évaluation complète des capacités cognitives du président américain. Dans une lettre adressée au capitaine de la marine Sean Barbabella, il estime que les déclarations et le comportement récents du chef de l’État — notamment en lien avec la guerre en Iran — soulèvent des interrogations suffisamment sérieuses pour justifier un examen approfondi, dont les résultats devraient être rendues publiques.

Selon Raskin, plusieurs experts auraient déjà alerté sur des signes compatibles avec un déclin cognitif. Il évoque des prises de parole jugées de plus en plus incohérentes, imprévisibles et agressives, alimentant une inquiétude croissante à travers le spectre politique américain quant à l’aptitude du président à exercer ses fonctions.

Cette offensive intervient alors que Donald Trump intensifie sa rhétorique belliqueuse. Après des frappes conjointes avec Israël contre l’Iran fin février, le président a multiplié les menaces publiques, évoquant notamment la destruction d’infrastructures civiles — ce qui constituerait un crime de guerre au regard du droit international — ainsi que des déclarations alarmistes sur une possible annihilation massive.

Sur son réseau Truth Social, il a publié des messages particulièrement virulents, appelant à rouvrir le détroit d’Ormuz sous peine de conséquences extrêmes, avant d’évoquer, plus récemment, la disparition potentielle d’une civilisation entière si Téhéran ne cédait pas.

Dans ce climat sous haute tension, les démocrates relancent ouvertement le débat sur une possible destitution du président, soit par une procédure d’impeachment, soit via le recours au 25e amendement de la Constitution américaine, qui permet de déclarer un président inapte à gouverner.

Raskin insiste sur l’urgence de la situation, soulignant que, dans un pays engagé dans un conflit armé — a fortiori sans déclaration formelle du Congrès — la capacité mentale du commandant en chef doit être irréprochable. Il demande que l’examen soit réalisé avant le 25 avril et que les conclusions soient présentées devant le Congrès.

La Maison-Blanche a rapidement rejeté ces accusations, défendant un président « plus affûté que jamais » et accusant les démocrates d’avoir eux-mêmes dissimulé le déclin de Joe Biden. Le porte-parole Davis Ingle a dénoncé une attaque politique, vantant l’énergie et l’accessibilité du président en contraste avec son prédécesseur.

Dans sa lettre, Raskin renvoie d’ailleurs les républicains à leurs propres positions passées sur l’état de santé de Biden, estimant que la cohérence politique impose aujourd’hui un même niveau d’exigence vis-à-vis de Trump.

Le bras de fer est désormais engagé. Derrière la bataille politique, c’est une question institutionnelle majeure qui se joue — celle de la capacité réelle du président des États-Unis à gouverner en temps de crise.


ÉCRIT PAR LE MANIFEST


Tags : Donald Trump • Jamie Raskin • Maison-Blanche • États-Unis • crise iranienne


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