Info ou intox ? Washington nie tout déblocage d’avoirs iraniens alors que les négociations s’ouvrent sous haute tension. Un flou stratégique qui peut tout changer.
JD Vance à son arrivée à Islamabad pour participer aux négociations américano-iraniennes visant à mettre fin à la guerre (AFP).
FOCUS MONDE — PAKISTAN — Les versions divergent autour d’un possible dégel d’avoirs iraniens à l’étranger, alimentant une zone de flou au cœur des négociations entre Washington et Téhéran. Selon des informations relayées par la presse américaine, les États-Unis auraient accepté de libérer une partie de ces fonds gelés, une décision aussitôt démentie par la Maison-Blanche.
D’après une source iranienne de haut niveau citée par la presse internationale, Washington aurait donné son feu vert à ce déblocage, interprété comme un signal de « sérieux » dans la volonté de parvenir à un accord. Cette même source précise que la levée du gel des avoirs serait directement liée à une exigence stratégique majeure, garantir la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Ce passage maritime, par lequel transite près d’un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole, constitue un levier central dans les discussions en cours. L’enjeu dépasse le simple cadre financier et s’inscrit dans une logique globale de sécurisation énergétique.
Mais la version américaine tranche nettement. Selon une correspondante de CBS News, un haut responsable de la Maison-Blanche a catégoriquement nié toute décision en ce sens. Il affirme que les discussions avec l’Iran n’ont pas encore débuté et qu’aucun accord, quel qu’il soit, n’a été abordé à ce stade.
Ce décalage entre les déclarations illustre l’opacité qui entoure les négociations, alors même que les tensions restent vives au Moyen-Orient. Les dossiers économiques, notamment les avoirs gelés, apparaissent étroitement imbriqués avec les garanties sécuritaires exigées autour du détroit d’Ormuz.
Sur le terrain diplomatique, les délégations américaine et iranienne ont convergé vers Islamabad pour tenter de mettre fin à six semaines de conflit. La délégation américaine est conduite par le vice-président JD Vance, tandis que la partie iranienne est menée par le président du Parlement Mohammad Bagher Qalibaf.
À leur arrivée dans la capitale pakistanaise, les discussions sont décrites comme décisives, certains responsables évoquant une tentative « cruciale » pour transformer un cessez-le-feu fragile en accord durable.
Dans ce contexte hautement volatil, chaque signal, qu’il soit économique ou militaire, peut faire basculer l’équilibre des négociations. Le dossier des avoirs iraniens en est aujourd’hui l’illustration la plus tangible.
ÉCRIT PAR SAHBY MEHALLA
Tags : Iran • États-Unis • Négociations diplomatiques • Détroit d’Ormuz • JD Vance
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